Faut-il louer une voiture pour visiter Bordeaux et la Gironde ?

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écrit par Rémi Guérin

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On nous pose souvent la question : faut-il une voiture pour visiter Bordeaux ? La réponse honnête, c’est non pour la ville, oui pour tout le reste. Et le reste, en Gironde, c’est justement ce qui vaut le détour : Saint-Émilion, le bassin d’Arcachon, la route des châteaux du Médoc. Trois excursions magnifiques, trois casse-têtes en transports en commun.

Dans Bordeaux, oubliez le volant

Commençons par évacuer le sujet : conduire dans le centre de Bordeaux est une mauvaise idée. Les rues du vieux Bordeaux sont étroites, souvent piétonnes, et le stationnement coûte cher quand on trouve une place. Du miroir d’eau à la Grosse Cloche, tout se fait à pied en un quart d’heure. Le tramway prend le relais pour la Cité du Vin ou les Bassins des Lumières, et le vélo reste notre option préférée pour longer les quais, la ville étant plate comme la main.

Là où ça se complique, c’est quand on veut sortir. Le TER dessert correctement Arcachon et, dans une moindre mesure, Saint-Émilion, mais avec des fréquences qui fondent le dimanche et des gares parfois loin de ce qu’on vient voir. Quant au Médoc viticole ou au Cap Ferret, autant le dire tout de suite : sans véhicule, vous n’irez pas. Beaucoup de visiteurs arrivent en train ou en avion puis choisissent de louer une voiture à Bordeaux avec Europcar pour un ou deux jours d’excursion seulement. C’est le bon calcul : la voiture quand elle sert, pas quand elle encombre.

Saint-Émilion, plus loin qu’il n’y paraît

Sur le papier, le train va à Saint-Émilion. En pratique, la gare est à vingt bonnes minutes de marche du village, en montée sur la fin, et surtout les châteaux qui font l’intérêt de la visite sont éparpillés dans la campagne alentour. Pomerol est à dix minutes de route, Fronsac à peine plus. Avec une voiture, une journée suffit pour visiter le village le matin, déjeuner sur la place du clocher, puis enchaîner deux propriétés l’après-midi. Un conseil que les vignerons nous répètent à chaque visite : crachez lors des dégustations, ou désignez un conducteur qui s’abstient. Personne ne vous regardera de travers, au contraire.

Le tour du bassin, une affaire de timing

Arcachon en train, c’est très bien pour la journée plage. Mais le bassin ne se résume pas à Arcachon. Les villages ostréicoles de la presqu’île, l’Herbe et le Canon avec leurs cabanes colorées, la pointe du Cap Ferret face à la dune du Pilat : tout cela se mérite en voiture, en prenant le temps de s’arrêter dans les ports pour une douzaine d’huîtres à midi.

Un avertissement tout de même, valable de juin à septembre : la route du Cap Ferret sature le week-end. Partez avant 9 heures ou décalez au mardi, votre journée n’en sera que plus belle. Et pour la dune du Pilat, le parking officiel se remplit vite en été, mieux vaut viser la fin d’après-midi, quand la lumière est de toute façon plus belle pour grimper.

La D2, notre route préférée en Gironde

La départementale 2 remonte le Médoc le long de l’estuaire, de Margaux à Saint-Estèphe en passant par Pauillac. Aucun bus ne la parcourt sérieusement, aucun train ne la longe. C’est pourtant là que se trouvent les façades les plus photographiées du vignoble bordelais. On roule doucement, on s’arrête devant Château Margaux ou Cos d’Estournel, on réserve une visite ou deux à l’avance (la plupart des domaines n’acceptent plus les visiteurs à l’improviste), et on déjeune à Pauillac face à l’eau. Une journée pleine, sans se presser.

Quelques réalités locales avant de prendre la route

La rocade bordelaise mérite sa réputation. Entre 7h30 et 9h30 le matin, puis de 17h à 19h30, elle se transforme en parking. Si vous partez en excursion, calez votre départ en dehors de ces créneaux, quitte à prendre le petit-déjeuner en route. Sachez aussi que Bordeaux Métropole applique une zone à faibles émissions : les véhicules de location récents sont bien classés côté Crit’Air, mais vérifiez que la vignette est présente sur le pare-brise. Enfin, si vous gardez la voiture plusieurs jours en logeant dans le centre, les parcs relais TBM en périphérie coûtent une fraction du prix des parkings souterrains, tramway inclus.

Dernier mot sur la haute saison : en juillet-août, les véhicules partent vite, à Bordeaux comme partout sur la côte atlantique. Réserver deux ou trois semaines à l’avance vous évitera de vous retrouver avec le dernier modèle disponible au tarif le plus élevé. Les gammes hybrides et électriques, de plus en plus présentes chez les loueurs, se prêtent d’ailleurs très bien aux distances girondines : Arcachon ou Saint-Émilion restent à moins d’une heure, et les bornes de recharge ne manquent plus sur ces axes.

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