À 50 jours du premier tour des municipales à Bordeaux, la campagne prend une tournure tendue et lisible : deux favoris émergent, mais l’issue reste ouverte selon les alliances et la présence de candidats issus des bords opposés. Un sondage OpinionWay mené du 13 au 18 novembre 2025 auprès de 705 Bordelais place Pierre Hurmic et Thomas Cazenave en tête, tandis que la dynamique des droites et des extrêmes peut redistribuer les cartes d’ici au scrutin des 15 et 22 mars. L’entrée de Nathalie Delattre au profit de la liste centriste a recentré une part importante des appareils, et la candidature de figures indépendantes comme Philippe Dessertine alourdit l’équation. Pour Sophie, mère de famille et électrice de quartier, décider pour qui voter relève désormais d’un arbitrage entre programme, tactique et crainte d’un second tour fragmenté. Ce billet analyse, chiffres à l’appui, qui paraît favori aujourd’hui, pourquoi les alliances peuvent tout changer et comment les électrices et électeurs peuvent s’y retrouver sans se perdre dans la communication de campagne.
Qui est favori à 50 jours des municipales à Bordeaux ?
Le sondage OpinionWay donne une première lecture claire : Pierre Hurmic et Thomas Cazenave devancent nettement la concurrence et semblent assurés d’accéder au second tour.
Chiffres et première tendance
Sur le premier tour, 14 candidats sont officiellement en lice, mais les intentions se concentrent. Dans l’hypothèse d’une quadrangulaire, Hurmic est crédité d’environ 35 %, Cazenave d’environ 31 %. Nordine Raymond (LFI) arrive autour de 15 % au premier tour et pourrait grimper à 18–20 % au second si sa présence se confirme.
Autre élément à surveiller : Philippe Dessertine recueille près de 14 % au premier tour et a annoncé qu’il se maintiendrait quel que soit le contexte, un facteur capable de brouiller les projections.

Insight : ces chiffres montrent que la bataille se jouera autant sur les reports de voix que sur les mobilisations locales.
Pourquoi les alliances redessinent la campagne et changent le favori
L’addition ou le retrait de listes change l’arithmétique. Le ralliement de Nathalie Delattre à la liste de centre-droit a renforcé la position de Thomas Cazenave en agrégeant des forces du MoDem, de l’UDI et de LR.
Les mécanismes qui pèsent sur le résultat
Si Nordine Raymond reste au second tour, la présence d’un bloc de gauche radicale fragmente la droite et peut permettre à Hurmic de conserver l’avantage. Si Raymond se retire, les reports favorisent la droite : dans ce scénario, Cazenave atteindrait jusqu’à 44 % au second tour selon la même enquête.
Par ailleurs, la montée du Rassemblement National dans certains quartiers perturbe la donne et rend chaque voix décisive. Pour suivre ces évolutions de manière approfondie, on peut consulter des analyses locales sur la recomposition de la droite et les alliances récentes, comme ce dossier sur le ralliement Delattre à Cazenave ou ce point sur la stratégie de centre-droit à Bordeaux : Cazenave et la droite de centre.
Insight : les alliances locales peuvent transformer un avantage apparent en victoire ou en défaite selon la capacité des têtes de liste à capter les reports.

Comment s’y retrouver : scénarios, erreurs à éviter et actions concrètes
Choisir son bulletin demande désormais de peser programme et stratégie. Voici une liste pratique pour les électeurs bordelais.
- Vérifier les reports possibles : connaître les alliances potentielles et l’impact d’un retrait d’un candidat.
- Comparer les programmes : transport, logement, climat et budget municipal comptent pour la vie quotidienne.
- Suivre la mobilisation : un faible taux de participation profite souvent aux listes très organisées.
- Évaluer les indépendants : des candidatures comme Philippe Dessertine peuvent capter 10–15 % et empêcher un basculement net.
- Se renseigner localement : les enjeux de quartier, comme la circulation ou les services, pèsent plus que les slogans nationaux.
Cas concrets et erreurs fréquentes
Sophie, professeure et habitante du centre, a choisi d’assister à deux réunions publiques avant de décider. Elle a été surprise par la précision des propositions sur la mobilité et les déplacements scolaires. Son choix final a été moins émotionnel et plus pragmatique.
Erreur fréquente : voter sans avoir vérifié les reports et les alliances. Autre piège : se laisser guider uniquement par l’image nationale d’un parti plutôt que par les propositions pour la mairie.
Insight : voter utile et éclairé suppose d’agir localement, de comparer programmes et de se mobiliser le 15 mars, parce que chaque bulletin peut inverser la trajectoire de la ville.
Les candidats officiellement déclarés
Pour s’y retrouver, voici la liste des têtes de liste officiellement déclarées à ce jour :
- Pierre Hurmic (Les Écologistes) — profil
- Thomas Cazenave (Renaissance)
- Philippe Dessertine (indépendant)
- Julie Rechagneux (RN)
- Philippe Poutou (NPA l’Anticapitaliste)
- Esteban Nadal (NPA Révolutionnaires)
- Nordine Raymond (LFI)
- Myriam Eckert (indépendant/gilets jaunes)
- Pétra Bernus (Révolution permanente)
- Yves Simone (indépendant)
- Virginie Bonthoux-Tournay (Reconquête)
- Medhi Saboulard (Union Alternative et Union Socialiste)
- Fanny Quandalle (Lutte ouvrière)
- Mickaël Baubonne (Bordeaux Nouvelle Voie)
Pour prolonger la lecture et suivre l’actualité de la campagne locale, consultez des analyses complémentaires, comme ce dossier sur les coalitions municipales à Bordeaux : coalitions municipales.
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