Les moulins fortifiés en Gironde

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Uniques en Europe car concentrés dans l’Entre-Deux-Mers et sur la rive gauche de la Garonne, ces moulins à eau sont remarquables par leurs caractéristiques architecturales.

Construits en pierre de taille, dotés de murs très épais, les moulins fortifiés sont assortis d’éléments de défense pour se protéger des assauts des troupes régulières, mais aussi des hordes de brigands qui sévissent dans les campagnes pendant les périodes troublées de la guerre de Cent Ans.

Ils furent édifiés aux XIVe et XVe siècles.

L’abbaye de Saint-Ferme et surtout celle de La Sauve-Majeure, la plus importante de l’Entre-deux-Mers, possédaient de très nombreux moulins dont le Moulin Neuf à Espiet et le moulin de Daignac.

Le moulin de La Borie, sur la Gamage, construit au milieu du XIIIe siècle, dépendait au Moyen Age du château de Blasimon.

Moulins fortifiés uniquement visibles de l’extérieur  :

Le moulin de Bagas 

Il est construit en 1316 sur le Drot, est un édifice rectangulaire de construction homogène en moyen appareil régulier, pourvu d’une échauguette à chaque angle, solidement implanté en bordure d’une île. La porte d’entrée sous arc brisé se trouve au premier étage, au bout d’un pont métallique, qui enjambe l’ancienne écluse. De grandes fenêtres constituées d’un remplage divisé en deux arcs brisés trilobés, datent de la construction originelle. Le moulin est fortifié comme les maisons fortes : archères en croix pattée pour surveiller les abords et de tirer sur d’éventuels assaillants. L’intérieur consacré à la meunerie. Ce moulin à farine était équipé de trois roues hydrauliques horizontales qui entraînaient les meules (deux paires de meules sont encore en place). Dans les étages, une machinerie complexe permettait de trier le grain et de le faire s’écouler vers les meules, puis de remplir les sacs de farine, tout ceci grâce à l’énergie hydraulique.

Le moulin de Labarthe à Blasimon  

Il est construit sur une dérivation de la Gamage, qui la traversait complètement à l’origine, Bâti comme une maison forte, de plan carré, il présente six niveaux. Les quatrième et cinquième étages étaient affectés aux logements ; le dernier étage est réservé au chemin de ronde établi au-dessus des mâchicoulis. Une tourelle d’escalier fut rajoutée au XVe siècle, dessert tous les étages et les murs de la bâtisse peu percés à l’origine, sont pourvus de belles fenêtres à croisée, améliorant le confort du lieu. Le moulin possédait deux roues hydrauliques, l’une horizontale, liée à l’activité meunière et l’autre, verticale, qui actionnait une batterie de foulon.

Le moulin de la Salle, à Cleyrac

Sur le cours de la Vignague, se présente comme un donjon de plan rectangulaire. Les deux niveaux inférieurs ne sont ouverts que de meurtrières alors que les troisième et quatrième niveaux bénéficient de fenêtres simples ou géminées. L’ensemble est couronné par un chemin de ronde à mâchicoulis. Vers 1800, le cours d’eau a été détourné, amputant ainsi cet ancien moulin à farine de sa fonction première. Le moulin est accolé à un corps-de-logis du XVIe siècle.

Le Moulin Neuf à Espiet

Entièrement remanié à la fin du XVe siècle, appartint pendant des siècles à l’abbaye de la Sauve-Majeure. De forme barlongue, il se distingue par la présence de croix, servant d’antéfixes, surmontant les murs des façades nord et sud. Des balcons avec mâchicoulis ainsi que des contreforts saillants protègent la porte nord. Une roue verticale, aujourd’hui disparue, d’environ cinq mètres de diamètre, entraînait deux paires de meules, encore en place, qui ont fonctionné jusqu’ en 1950.

Le moulin de Pondaurat 

A la fin du XIIIe siècle, les religieux de l’ordre hospitalier des Antonins implantent à Pondaurat , sur le parcours de la voie de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle , une commanderie avec église conventuelle, à laquelle ils attachent un moulin. Fortifié, celui-ci commandait le couvent et le pont péager auquel il est accolé. Le moulin en pierre de taille et moellon calcaire présente trois meurtrières, qui couvraient l’accès du pont-barrage, à sept arches et long de 13 m. Devenu propriété de l’ordre de Malte, puis vendu comme bien national, remanié à différentes périodes, il reste en pleine activité jusqu’ à la fin du XIXe siècle et fonctionne ensuite de façon réduite. L’équipement se réduisait à une paire de rouets en prise directe sur les meules. Désaffecté au début des années 1960, il est maintenant réaménagé en habitation.

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