Histoire des vins de Bordeaux

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Rang de vigne de vin Rouge Bordeaux

La Gironde cultive l’art du vin depuis 2000 ans déjà ! Les premiers ceps de vigne ont été plantés au 1er siècle après J.-C. par une tribu gauloise, les Bituriges Vivisques, auxquels on doit également la fondation de Bordeaux (Burdigala). Dès cette époque, le commerce du vin n’a cessé de se développer et de prospérer en faisant de Bordeaux et de la Gironde un carrefour mondial du vin.

Le vignoble de Bordeaux  est donc le plus ancien vignoble de vins de haute qualité (ou « vins fins ») du monde.

Il s’étend aujourd’hui sur 500 des 542 communes de la Gironde et produit une offre complète : vins rouges, blancs secs, blancs moelleux et liquoreux, rosés, clairets, Crémant et Fine de Bordeaux.

Vignoble Bordelais

De l’antiquité à l’an mil

Les Bituriges Vivisques commencent à planter une variété de vignes – appelée « Biturica »- tout autour de Bordeaux dans les années 40-60. La paix romaine permet à la cité de prospérer et de devenir la capitale de la province d’Aquitaine.

Mais dès la fin du IIIe siècle après J-C., la région de Bordeaux entre dans une période trouble avec les premières invasions barbares. L’art de vivre romain perdure cependant. L’université brille par ses maîtres, dont le plus célèbre, Ausone , tour à tour professeur, poète et viticulteur, contribue au rayonnement de Bordeaux et de ses vins. “Salut, o ma patrie, célèbre par tes vins, tes fleuves, tes grands hommes, les traditions et le caractère de tes habitants…Bordeaux est le lieu qui m’a vu naître, Bordeaux où le ciel est clément et doux ; où le sol, que l’humidité féconde, prodigue ses largesses…” . (Villes célèbres, XII).

Pendant sept siècles, du IIIe siècle jusqu’à l’an Mil, Bordeaux et la Gironde  subissent les invasions successives des peuples Vandales, Wisigoths, Musulmans, Normands, Scandinaves…

Au Moyen-Age

En 1152 un fait majeur bouleverse l’histoire de la Gironde. En épousant Henri II Plantagenêt en secondes noces, Aliénor d’Aquitaine  lui apporte en dot des territoires français dont le duché de Guyenne et Bordeaux. Par héritage, Henri devient alors roi d’Angleterre, inaugurant ainsi trois siècles de présence anglaise en Aquitaine. La querelle née à ce sujet entre les royaumes de France et d’Angleterre conduit, en 1337, au long conflit de la guerre de Cent Ans.

Cette guerre favorise paradoxalement l’expansion viticole et l’exportation vers l’Europe du Nord.

Grands amateurs des vins de Bordeaux qu’ils surnomment « french claret » (« vin clair français ») en raison de leur couleur rouge peu soutenue, les anglais sont les premiers à en faire commerce vers le Royaume-Uni. Les bordelais profitent du  “privilège des vins”, qui impose la vente prioritaire des vins de Bordeaux, qui sont également exemptés de taxes.

Avec près de 103 000 tonneaux de « vins gascons » exportés, l’année 1308-1309 marque l’apogée du port de Bordeaux.

Ancien tonneau de vin à Bordeaux

Du XVIIIe siècle à aujourd’hui

Institué en 1461 par Louis XI, le parlement de Bordeaux réunit toutes les grandes fortunes locales. Ce sont ces parlementaires qui vont développer le vignoble au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, établir les crus –le 1er Grand cru sera le château Haut-Brion, à Pessac- et fonder les premiers « châteaux du vin ».

Si l’on recense quelques demeures et châteaux d’origine plus ancienne (Yquem et sa bâtisse fortifiée du XVe siècle, le Château de la Salle à Saint-Genès-de-Blaye et celui de la Rivière à Fronsac, tous deux du XVIe siècle), la plupart des villégiatures viticoles sont nées au XVIIIe siècle.

Au premier rang figure la chartreuse, maison bourgeoise de campagne, sans étage et bâtie toute en longueur, dont le modèle a essaimé sur l’ensemble des territoires viticoles girondins, tels les Châteaux Beychevelle et Cissac -construit par Victor Louis- en Médoc, et le château Bonnet, à Grézillac dans le Libournais.

Aux chartreuses, certains grands propriétaires viticoles ont préféré des demeures plus opulentes, comme en témoignent la façade palladienne du château Margaux  ainsi que le pavillon central -inspiré du Trianon- du château Haut-Sarpe, à Saint-Emilion .

C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que la prospérité viticole atteint son apogée, que sont érigés ou remaniés des châteaux et maisons de maître de styles architecturaux divers, inspirés des siècles passés -médiéval, gothique, Renaissance, néo-Tudor…-.

Si le château Laroque, à Saint-Emilion , est un bel exemple de style Second Empire –grilles ouvragées, statues et balustres, multiples fenêtres-, d’autres propriétés viticoles adoptent des influences plus exotiques : Louis-Gaspard d’Estournel surnommé «le Maharadjah de Saint-Estèphe  » – ses vins s’exportent jusqu’aux Indes- fait ajouter des pagodes asiatiques sur le toit de son château, Cos d’Estournel.

Trait d’union entre les girondins et les visiteurs de tous horizons, le vin demeure aujourd’hui le fleuron de l’économie girondine et  l’ambassadeur privilégié de la Gironde dans le monde entier.

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